De Dakar à Kabrousse par la route, en passant par le Sine Saloum


Du 28 avril au 10 mai.

Retour sur Dakar ce matin pour retourner la voiture de location après la visite de Philippe.  Retour aux transports en commun pour rejoindre la Casamance où je dois régler les questions administratives de liquidation de Frida. Ce sera d’abord le TER pour Diamniadio.

Ce train est confortable, rapide, standards Européens. Le trajet ne prend que 45 minutes, efficace. Pour rejoindre ensuite MBour, j’emprunte successivement bus et sept places. Je resterai deux journées ici entre Mbour et Saly dans une auberge au bord de l’océan, en dehors de la zone trop touristique. 

Le 1er mai, je reprends la route jusqu’à Fadiouth en passant par Joal. Visite du port de pêche de Joal.

Je retrouve une ambiance calme et tranquille. Je visite l’île aux coquillages ainsi que le cimetière attenant. Cette île de Fadiouth est artificielle.  Je s’agit d’un monticule de coquillages accumulés au fil des ans.

Le cimetière est surprenant car il regroupe dans un même lieu tombes chrétiennes et musulmanes. Les deux communautés cohabitent en bonne harmonie. Les chrétiens sont ici majoritaires, ils représentent 90% de la population. En revanche,  il y a ici une église et quatre mosquées.

Je continue ensuite ma route pour le Baobab sacré et je reste une journée à l’auberge juste en face. Cet arbre est parait-il le plus grand baobab du Sénégal. Il est âgé de 850 ans et sa circonférence est de 32m, c’est  énorme. 

Je poursuis ma route vers Samba Dia puis  NDangane où je prends la pirogue courrier pour l’île de Mar Lodj. Je dîne chez Fatou avant d’embarquer.

Je suis au cœur du Sine Saloum. L’endroit est calme et apaisant. Je passe deux journées tranquille ici avant de partir pour la visite d’une autre île.

Je repars pour NDangane pour rejoindre Djiffer. 

Le port de pêche de Djiffer est très pauvre. C’est incroyablement sale. Les poissons jonchent le sol.

Il y flotte une odeur forte, nauséabonde, mélange de poissons séchés et de poissons qui se décomposent au soleil. Ce parfum est complété par ces gros mollusques puants,  les camemberts de mer que les pêcheurs décortiquent pour récupérer les chairs. Là,  j’emprunte la pirogue pour rejoindre le village de Dinuar. Je me pose dans une auberge au bord de l’océan. Je suis sur une belle lagune de coquillage.

Je reste deux jours ici avant de reprendre la route pour Kaolack. Retour à Djiffer en pirogue avant de retrouver une succession de sept places. Je me pose dans un hotel agréable au bord du fleuve. La route qui mène à Kaolack traverse les marais salants. Beau paysage, alternance de rectangles blancs et de rectangles ocres.

Le lendemain, je reprends la route pour Ziguinchor en Casamance en début de matinée. Le trajet est bien long dans ce vieux minibus Mercedès d’un autre temps, surchargé. Nous sommes théoriquement cinq passagers par rangée.

Je me retrouve bien coincé à côté de cette femme aux fesses opulentes. Elle voyage avec sa petite fille et son bébé sur les genoux. Nous sommes donc sept sur cette rangée! La route traverse la Gambie, ce qui signifie quatre arrêts aux postes de douanes. Aux postes Gambiens les blancs sont systématiquement conduits dans un bureau. Racket et corruption. Les douaniers ripoux exigent le paiement de 5000 cfa pour apposer le seau d’entrée respectivement de sortie sur le passeport. La route qui mène de la frontière Gambienne à Bignona est dans un état catastrophique,  de sorte que tous les passagers se retrouvent couverts de cette poussière ocre lorsque nous débarquons à Ziguinchor. Je pousse la route jusqu’à Oussouye où j’arrive vers 20h. Le lendemain, je visite l’exploitation du vieux Joseph qui produit des noix de cajoux. Son employée nous explique le processus de transformation de la cueillette des pommes d’anacardiers aux noix de cajoux consommables que nous connaissons.

Les méthodes et outils appartiennent aux siècles passés.  Ce mercredi 10 mai j’arrive à Kabrousse où j’ai rendez-vous avec le lieutenant des douanes de Oussouye pour le constat de mise en casse de Frida.


Une réponse à “De Dakar à Kabrousse par la route, en passant par le Sine Saloum”

  1. Cher Jeff, c’est toujours un immense plaisir de suivre tes pérégrinations africaines. Bonne continuation et fais comme les locaux: prends le temps, avance à ton rythme. Stay safe.

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