La panne


La panne

Du 22 au 31 décembre 2023

Le 22 décembre, je fais route vers Atar. Je fais un détour pour visiter une Oasis proche de la route nationale.

En route vers Choum
En route vers Choum
En route vers Choum, détour par une oasis
En route vers Choum, détour par une oasis, la piste traverse la fameuse ligne de chemin de fer. Entre Zouérate et Choum
En route vers Choum, détour par une oasis
En route vers Choum, détour par une oasis
En route vers Choum, j’embarque un passager

La route passe par Choum et traverse le plateau de l’Adrar avec le passage de deux cols. Je traverse quelques villages. La région est vraiment pauvre à voir les campements de nomades et les villages traversés.

Entre Chum et Atar
Entre Choum et Atar
Entre Choum et Atar
Entre Choum et Atar, le plateau de l’Adrar
Atar

Le 23, je décide de partir pour Ben Amira. Là il y a des monolithes. Ce sont les plus imposants après ceux qui se trouvent en Australie. Je reviens en arrière, car ces monolithes sont accessibles depuis Choum. Mauvaise planification de ma part, mais c’est pas grave. Au lieu de prendre le goudron, je passerai par une piste qui débute à mi-chemin entre Atar et Chum et débouche proche de Ben Amira.

Les paysages dans ce désert sont saisissants, quel décors. C’est vraiment beau, perturbant aussi dans cette immensité. La piste n’est pas toujours évidente, parfois elle se perd dans le désert. Il arrive aussi que les dunes bloquent le passage. Il faut alors rechercher une alternative pour contourner ces obstacles. Ce n’est pas vraiment facile, il faut faire attention de ne pas passer dans une zone où le sable serait trop mou. Dans ce cas, le plantage est assuré !

En piste pour Ben Amira
En piste pour Ben Amira
En piste pour Ben Amira
En piste pour Ben Amira

Un peu avant d’arriver à Ben Amira, je rejoins la piste qui longe la fameuse ligne de chemin de fer. Je vois un des monolithe au loin. Et là, sur cette piste, dans une montée où le sable est profond, j’entends que quelque chose ne va pas. L’alarme suit immédiatement, j’ai perdu le liquide de refroidissement du moteur, arrêt tout aussi immédiat pour préserver ce qui peut l’être. A ce moment, je n’ai encore aucune idée de la cause de la perte de ce liquide de refroidissement.

L’endroit n’est pas idéal pour avoir une panne. Je suis à plus de quarante kilomètres de Choum, dans le désert. Il n’y a pas de réseau. Je décide de passer la nuit là. Je ne suis pas très loin de la ligne de chemin de fer, mais ça ne me sert rien. J’attends que le moteur refroidisse avant de commencer mon investigation.

En panne!

J’espérais un tuyau percé, mais c’est plus sérieux. J’identifie une pièce qui est fendue. Rien ne sert d’ajouter de l’eau, elle s’écoule directement. Je n’ai aucun moyen de réparer sur place. La poisse !

Je repars le lendemain matin au lever du jour en direction de Choum, alors que la température est encore fraîche. Je parcours chaque fois environ un kilomètre et m’arrête pour laisser refroidir le moteur. Comme je n’ai plus de liquide de refroidissement, je m’arrête dès que la température du moteur atteint la température nominale, dans l’espoir de ne pas endommager cette mécanique. Parfois, je pars en repérage à pied pour m’assurer d’un endroit sûr où m’arrêter. Je parcours ainsi un dizaine de kilomètres avant de rencontrer une équipe d’ouvriers qui travaillent à l’entretien de la ligne de chemin de fer.

Le passage du train alors que je tente de rejoindre Choum

Ils disposent d’un camion et vont rentrer à Choum chercher du matériel. Quelle chance ! Ils acceptent de me remorquer jusqu’à ce village, distant d’environ 35 kilomètres.

Arrivé à Choum, je trouve un mécanicien. Malgré toute sa gentillesse et bonne volonté, le verdict est clair. Impossible de réparer sur place. Il a bien essayé de recoller la pièce, mais ça ne tient pas. C’est le collecteur de liquide de refroidissement qui s’est rompu à la jointure des deux parties de la pièce. Mes recherches sur les forums m’apprendront que cette pièce casse avec le temps, c’est du plastique. Dommage que son remplacement ne soit jamais mentionné dans le manuel de service du constructeur. Le diagnostique du mécanicien de Chum est très sombre, les joints de culasse de mon moteur sont très probablement endommagés. C’est une bonne grosse panne.

Le mécano à Choum
Le mécano à Choum tente de recoller la pièce défectueuse
Choum, les enfants me rendent visite
Choum, les enfants me rendent visite

J’entreprends les recherches et démarches pour trouver un garage de mécanique capable d’effectuer la réparation. J’espère que ce sera possible à Nouakchott à 600 km de là. Sinon, je devrais organiser le rapatriement de Frida au Maroc.

Finalement, je trouve deux possibilités de réparation à Nouakchott. Reste à trouver une solution pour transporter Frida. Je négocie le transport avec un camionneur de passage à Choum. Il rentre à vide vers Nouakchott depuis Zouérate et il s’arrête pour la nuit ici. Seulement, il a déjà un véhicule dans son camion qu’il doit déposer à Atar. Il me propose le remorquage jusqu’à Atar, puis le transport jusqu’à Nouakchott.

Le départ de Choum en remorquage
Le chargement de Frida dans le camion à Atar

Ali, le camionneur et son frère Amadou sont de braves gars. Ce trajet avec eux fut bien long, 600 km à 50 km/h, ça prends son temps. Ce fut pour moi une journée plongé dans le quotidien de camionneurs Mauritaniens. Ces gars ont la vie dure. Ils roulent pratiquement sans s’arrêter. Ali conduit. Amadou aide pour les manœuvres de chargement et de déchargement. Il prépare le thé, fidèle au cérémonial mauritanien, cuisine et prépare le repas pendant qu’Ali conduit. Nous nous arrêtons uniquement pour manger une fois le repas prêt et pour la prière.

Nous arrivons à Nouakchott après 23h, ce lundi 26 décembre, alors que nous sommes partis de Choum à 7h ce matin. Ali à encore la gentillesse de m’inviter chez lui pour y passer la nuit. Nous déchargerons Frida demain matin.

Le déchargement se passe comme le chargement, un tas de sable fait office de rampe. Ali, lui va charger une nouvelle cargaison et repartira aussitôt pour Zouérate.

Un employé du garage de Moustafa vient me récupérer sur place avec une Mercédes 190 pourrie. Ça donne tout de suite confiance ! Il me remorque au travers de Nouakchott sans gère se soucier des feux rouges, ni que je lui colle littéralement au cul, tracté par une corde d’à peine 3 mètres.

Arrivée au garage, le diagnostique de panne est confirmé. Joints de culasses ! Au pluriel avec le moteur V6 de Frida. Aux dires de Moustafa, le patron, pas de problème. Il sait où trouver les pièces, le collecteur cassé, les joints.

Les mécanos se mettent à l’ouvrage immédiatement. C’est déstabilisant de les voir travailler. Ils démontent à quatre. Toutes les vis, boulons et paliers terminent pèle mèle dans un vieux bidon. Les pièces, arbres à cames, etc, terminent soit sur les sièges avant ou à même le sol, sans grande précaution. Je me demande bien comment ils vont remonter tout ça. Ils n’ont rien noté, rien répertorié. Ils interviennent sans sortir le moteur, ce qui ce fait «normalement» pour ce type d’intervention.

Le démontage
Le démontage
Le démontage est presque terminé
Culasse rectifiée

Comme l’essentiel du moteur est démonté, je demande le remplacement des courroies de distribution, changement de la courroie auxiliaire et de l’alternateur, pièces que j’avais avec moi. Je demande aussi le service avec changement du filtre à carburant, comme j’avais prévu le faire dans mille kilomètres.

Le travail aura duré presque quatre jours. Je suis souvent au garage pour suivre l’affaire. Les culasses sont rectifiées, comme il se doit. Je suis impressionné par le remontage. Il est clair que ces gars ont déjà réalisé ce type de réparation sur un véhicule semblable. A aucun moment je ne les ai vu hésiter pour le remontage d’une pièce. Je ne les ai jamais vu avec une clef dynamométrique, ce qui n’est pas non plus pour me rassurer. Ils travaillent avec peu de soin du véhicule en général et dans un environnement très sale. Il y a de l’huile partout, les sols en sont imprégnés. Seules les parties internes au moteur sont nettoyées avant le remontage.

Je pars en course d’essai avec Moustafa ce 30 décembre peu avant midi. Elle roule comme avant, je suis attentif à chaque bruit que cette mécanique puisse émettre. Affaire à suivre sur le long terme.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *