du 16 au 21 décembre 2022
J’ai prévu visiter le plateau de l’Adrar en partant de son centre touristique, la ville de Atar. Pour s’y rendre, il n’y qu’une seule route goudronnée, mais celle-ci part de Nouakchott. Le trajet de Nouadhibou à Atar totalise tout de même 900 km. Il y a également une piste qui suit l’unique ligne de chemin de fer du pays jusqu’à la ville de Choum. Les informations dont je dispose au sujet de cette piste sont contradictoires et peu précises. Le trajet est long, presque cinq cents kilomètres de piste dans le Sahara. La piste longe la ligne de chemin de fer, mais également la frontière avec le Sahara Occidental, région réputée peu sûre.
Il serait possible de réaliser ce trajet en train, Frida en fret et moi en voyageur, cette solution me permettrait de vivre ce trajet en train, de façon directe et relativement facile. Je ne m’attendais pas à autant de difficultés.
La première difficulté consiste à trouver les lieux et surtout les informations qui permettent de réaliser ce trajet par le train. Je me suis trouvé à la merci de la bonne, où la mauvaise volonté des personnes qui organisent le trajet, le chargement, le déchargement. Les informations fournies ne sont pas toujours précises, parfois contradictoires. Il faut oublier toute notion d’horaire et de fiabilité dont nous sommes habitués. Bienvenue en Afrique.
Le train est géré par la SNIM, la société minière nationale. Ce train est réputé être le plus long du monde. La ligne, de plus de 700 km relie le port de Nouadhibou à la ville minière de Zouérate. La ligne passe par Choum avant de continuer vers Zouérate, 200 km plus au Nord.
Ce train transporte donc le minerai de fer. Il peut comporter plus de 250 wagons pour une longueur de 2,5 km. C’est vraiment impressionnant. Le convoi est tiré par quatre grosses locomotives diesel de 3300 CV, et le chargement d’un wagon est de 80 tonnes. C’est un mécanicien de locomotive qui m’a expliqué cela, alors que j’attendais l’arrivée de Frida à Zouérate.
Idéalement, je pensais pouvoir faire le trajet Nouadhibou à Choum, pour rejoindre Atar qui est situé cent kilomètres plus au sud.
Une fois le lieu d’embarquement trouvé, je suis en contact avec le responsable. Nous sommes vendredi. Il m’indique qu’un convoi partira demain, mais pour Zouérate, inchallah, peut-être dimanche. Pour Choum, il faut attendre une ou deux semaines. Le coût pour le transport de Frida est tout à fait raisonnable. Pour ma part, je devrais voyager dans le wagon voyageur situé en fin de convoi. Très bien, ça me convient, je désire acheter, au minimum réserver ma place pour ce fameux convoi de demain, peut-être dimanche.
Et bien non ce n’est pas possible. Revient demain matin me dit l’homme, inchallah. Et le lendemain, c’est pareil, reviens demain Inchallah !
Le chargement des voitures sur les plateaux aura finalement bien lieu dimanche en fin d’après-midi, mais elles ne quitteront Nouhadhibou que mardi au petit matin. Pour ma part, je prendrai le convoi de lundi après-midi, selon les indications qui me sont fournies, mais à la gare des voyageurs. Celle-ci est située à une vingtaine de kilomètres du lieu de chargement des véhicules. Je découvre à l’arrivée du train lundi que les voitures ne sont pas avec ce convoi comme prévu, ce qui va compliquer la récupération.


Les voitures n’arriveront finalement que mercredi en milieu d’après-midi. Le lieu de déchargement est situé à une dizaine de kilomètres de la ville pour faciliter les choses. J’étais tout de même soulagé à l’arrivé des véhicules. Il y avait trois voitures endommagées à la réception de Zouérate !



Le trajet avec ce train est un aventure en soi. Le wagon des voyageurs est une relique des années 60. Avec deux Saharaouis rencontrés sur place, nous avons «loué» un compartiment complet pour les 3, ce sera plus confortable.
Le confort est très relatif. Le wagon n’a pas de fenêtre, mais des grillages, il n’y a plus de portes, les sanitaires sont cassés ! Comme le train traverse le désert, il y a du sable qui virevolte partout dans compartiment.



Expérience très positive malgré les difficultés relatées. Je me retrouve plongé dans la réalité de ce pays. De belles rencontres aussi, je pense aux Saharaouis qui luttent toujours pour l’indépendance de leurs terres, aux mécaniciens de locomotives, et aussi à ce couple jeunes Allemand qui ont aussi embarqué sur ce train, avec leurs vélos, dans les wagons conteneurs vides. Je pense que mon voyage fut confortable que le leur en comparaison.
3 réponses à “Le train des mines”
Merci pour ce partage très belle suite. Je t’embrasse
Salut Jean-François, quels récits passionnants!! Merci! Et quel suspense parfois. Du coup ton blog ne dit pas ce que tu as fait entre le 31 octobre et le 15 décembre ! Qu’en est-il? Et ta dent, as-tu pu finalement la réparer à Fès?! Pour l’instant on l’ignore ! Belle continuation, je me réjouis de lire la suite
Salut Christophe, effectivement, je suis passablement en retard avec mon blog, raison pour laquelle j’ai mis des nouvelles un peu plus fraiches… Je suis allé chez le dentiste à Fès, la dent est réparée, si je peux dire ainsi. Je vais bien entendu relater cette période aussi.