du 17 au 19 octobre 2022
Le Djebel M’Goun est le troisième sommet du Maroc, derrière le Toubkal (40167m) et l’Ouanoukrim (4089m). Le M’Goun culmine à 4071m. Comme je suis proche, c’est l’occasion de réaliser cette ascension. Contrairement au Toubkal qui est très couru, il n’y a aucune infrastructure autour du M’Goun, pas de gîte d’altitude, rien.
Je quitte le village d’Allemdoun par une piste qui suit la vallée sous les monts Tama et Amougltate. Cette piste revient vers la partie principale du village de Allemdoum. Quel parcours magnifique. A nouveau, une belle surprise. C’est une piste assez technique, visiblement peu fréquentée. Elle mal entretenue.








Je continue ma route en direction de Ameskar Fugani où je m’arrête au gîte pour dîner et boire un thé.


Je continue ensuite ma route par la RP 1517. Cette route passe le Tizi’n Aït Hmed (col) à 3005m d’altitude. Quel col. C’est absolument superbe, pour la vue bien entendu, et aussi pour la route de ce col. C’est une succession de lacets qui semble jamais ne s’arrêter.



Je m’arrête à Aït Khouya. Là je trouve un gîte, chez Mohamed.



Je réalise les derniers préparatifs pour mon ascension demain. Tous les indicateurs sont au vert, la météo est bonne, le vent modéré. Je prévois l’ascension à la journée avec une partie du retour. Il y a tout de même environ 2500m de dénivelée positive et la marche d’approche sera longue, mais c’est jouable.
Mohamed est tout nerveux et tente de me dissuader de réaliser cette ascension seul à la journée. Il revient à charge une dernière fois à onze heure du soir avec la police locale ! Je donne le lien temps réel de ma balise GPS au policier, ce qui lui permettra de me suivre. Il est rassuré.
Je pars un peu avant le lever du jour à 6h50. Mohamed s’est levé aussi. Il se fait vraiment du soucis pour moi et tente une fois encore de me dissuader.
La marche d’approche est difficile, ma progression est plus lente que prévue. Il n’y a pas toujours de chemin marqué. Une grande partie de l’approche se fait dans l’oued. Ce n’est qu’un champs de pierres et de cailloux et il faut traverser la rivière à plusieurs reprises. Cette approche est bien longue. Elle totalise, avec l’arrête sommitale, pas moins de vingt cinq kilomètres. Heureusement que j’avais bien préparé ma trace et les quelques pointages GPS que je réalise me sont bien utiles.






Cette approche est magnifique. Il est midi lorsque je quitte l’Oued et commence l’ascension proprement dite.
Les cinq cents derniers mètres de montée sont difficiles. Pas techniquement, mais il s’agit d’un pierrier bien raide, ça glisse et rien de tient. Il y a de la neige aussi, mais c’est plutôt positif, ça glisse moins que dans le pierrier.


Je parviens au sommet à 16h30. Le spectacle est splendide. Je bénéficie d’une vue imprenable sur la chaîne de l’Atlas. Je n’ai croisé personne sur mon parcours.




La première partie de la descente est efficace, je profite cette fois du pierrier qui me permets glisser comme si j’étais à skis. J’arrive dans l’oued à la tombée de la nuit.


Je marche jusqu’à une bergerie que j’ai repérée ce matin et notée sur mon GPS. Heureusement que j’avais prévu la lampe frontale et mon sac de couchage. Lorsque j’arrive là à 20h, il fait complètement nuit.
Je passe donc la nuit dans cette bergerie abandonnée. Le sol est bien dur ! Je savoure la soupe chaude que j’extrais du thermos et le casse croûte que j’ai emporté.
Je repars vers 8h du matin. Il me reste une dizaine de kilomètres à parcourir dans l’Oued et quelques centaines de mètres de dénivelée dans les collines. Il arrive que le sentier quitte le lit de la rivière.





Je suis passablement fatigué lorsque j’arrive en fin de matinée au gîte à Ait Khouya. Mohamed est ravi. Il me prépare une omelette berbère succulente.
Je reprends ma route en milieu d’après-midi. Je passe le Tizi n’ait Imi (2910m) et je m’installe dans la descente, un peu avant Tabant, pour la nuit


