Lever tôt ce matin du 5 septembre. La compagnie maritime recommande l’arrivée au port au moins 1h30 avant le départ du ferry. Ma traversée est prévue à 9h, j’arrive donc en bon Helvète prévoyant au port d’Algésiras un peu avant 7h30. Le port est désert, seules quelques voitures se pressent sur les voies d’accès aux navires. Je suis réenregistré sur le ferry de 7h30 qui va partir à l’instant et j’embarque immédiatement sur ce dernier, super. Je jette un œil sur le compteur journalier de Frida, remis à zéro 10 jours plus tôt à Villars-sur-Glâne, il indique 2’664 km. Je débarque à Ceuta, exclave (merci au passage à mon ami Johnny Rappo pour la définition correcte de ce territoire) espagnole à 8h30 déjà. Je ne m’y attarde pas, la ville est encore endormie.


Je file donc en direction de la frontière marocaine, déserte à ces heures matinales. Les formalités douanières me prennent une petite heure et ne posent pas de problème particulier.
Premier poste, retourner un kilomètre avant, chercher un ticket pour le parking tampon. Mais le parking est vide et le poste frontière vide, je rétorque. Le fonctionnaire insiste, sans ticket, pas d’accès à la frontière. Retour donc pour obtenir le sésame, d’ailleurs gratuit. Une charmante jeune femme me remet le fameux ticket, que je donne au fonctionnaire précédent, qui m’indique aimablement la colonne numéro 1. Il y a le choix, toute les colonnes sont vides.
Deuxième poste. Contrôle passeport
Troisième poste. Contrôle certificat Covid
Quatrième poste. Re passeport, avec tamponnage cette fois
Cinquième poste. Contrôle de la carte grise de Frida et de la carte verte d’assurance. En contre partie, je reçois une carte valable d’ici au 31 décembre, à remettre à la sortie de Frida du Maroc
Ultime poste. Contrôle clébard. Le douanier me demande : vous emporter des armes et de la drogue ? oui, évidement. Je ne suis pas sûr qu’il y ait beacoup de monde pour répondre à l’affirmative à cette question. Le clebs fait le tour de Frida, mais ne rentre pas, renifle un bon coup et s’en va. J’ai dû ouvrir toutes les portes, bien sûr. Bienvenu au Maroc me dit le fonctionnaire pour clore cette procédure en six étapes.
Je pars en direction de Tanger que je veux visiter. Il y avait bien la possibilité de traverser soit d’Algésiras à Tanger Med ou de Tarifa à Tanger. La première option n’était pas envisageable car il est impossible de débarquer à Tanger Med sans billet de retour. La traversée Tarifa – Tanger est chère, plus du double. Je comprends maintenant pourquoi. Tarifa – Tanger, tu débarques au coeur de Tanger dans la marina, au milieu des Yachts de luxe. Tanger Med, c’est un énorme port situé à une trentaine de kilomètre de Tanger entre Ceuta et Tanger.
Arrivé à Tanger, je résous en priorité le nécessaire, à savoir «bancomat» pour obtenir les fameux dirhams (10 dhs = CHF 0.93), et carte SIM marocaine pour avoir accès à internet. Je peux conclure un abonnement, sans passer par le prépayé, extra. Abonnement mensuel renouvelable de mois en mois, 3 heures de conversations téléphoniques (inutiles dans mon cas) et 20 GB data (ça me sera bien utile) pour 100 dhs / mois. C’est juste parfait.
Je ne m’attarde pas beaucoup en fait à Tanger où je visite l’essentiel. La marina, la Médina et son souk, la Kasba.







Dommage que les photos ne transmettent pas les odeurs. Le secteur de la boucherie avec abats, pieds de bœufs et de moutons, les têtes décharnées de moutons, je vous jure que ça pique les narines, prends à la gorges et il m’a fallu dégager vite fait à l’apparition des premiers spasmes. Le secteur poissonnerie, c’est Channel No 5 à côté.


Le Cap Spartel est proche de Tanger. On peut s’y rendre en empruntant une route secondaire qui traverse les beaux quartiers résidentiels bien propres, nets et surtout bien gardés. Mohamed VI y aurait une résidence. La route traverse également une forêt gouvernementale, espace de verdure, aménagé, à disposition des Tangérois.
Le Cap Spartel, c’est là où se mélangent les eaux de l’Atlantique et de la Méditerranée. L’endroit est tranquille, calme, agréable, et pourtant si proche de l’agitation de Tanger. Un petit musée est installé sur le site du phare. L’exposition est focalisée sur Augustin Fresnel, l’inventeur des lentilles à échelons. Le jardin botanique qui jouxte le phare confère à cet endroit cette atmosphère de détente et de tranquillité.



La côte Atlantique, du Cap Spartel vers le Sud est bordées de belles et longues plages, malheureusement pas toujours exemptes de déchets. Nul besoin de jouer des coudes pour y déposer sa serviette de bain, ces plages sont quasiment désertes. J’y ai aussi trouvé d’agréables restaurants qui servent de généreux plats de poissons et de calamars grillés. Un délice.


Je pousse la visite jusqu’à Assilah. Belle et authentique médina aux couleurs bleues. C’est parait-t-il la seule médina du Maroc entièrement piétonne, ici pas de motos qui se faufilent à travers la foule dans des ruelles étroite.



Les abords de la ville sont sillonnés par des calèches roses, qui compètent avec les magasins de meubles dans le kitch.

