Oued Gheris


du 6 au 9 octobre 2022

l’objectif est de remonter vers Fès, mais tranquillement. Rien ne presse vraiment, ma dent ne me fait pas souffrir. Sur la montée, je vais traverser le Haut Atlas et j’ai prévu quelques options d’itinéraires en mettant quelques points repères sur la carte. Je détermine une trace déjà jusqu’à Midelt. Mon itinéraire passe par des petites routes. J’ai préparé deux itinéraires pour rejoindre Qsar Agoudin.

Le début de mon itinéraire passe par la RP 702 par Fezna, Ksar Ba Touroug, puis Goulmina, Tadighoust. Je continue sur la RP 7101 jusqu’à Amellagou. De là, soit je file directement sur Qsar Agoudim, ou je fais le détour par l’Oued Gheris jusqu’à Ksar Tjrga par la RP7103 pour revenir ensuite sur Qsar Agoudim par la route du Tagountsa. Cette route passe par le tunnel du même nom, et semble, selon la carte, rejoindre la plaine par d’interminables lacets.

Sur la route après Goumina

Je choisis cette seconde option qui passe par l’Oued Gheris. Quelle belle surprise. Cette route suit l’Oued sous d’impressionnantes falaises verticales. C’est magnifique.

Falaises de l’Oeud Gheris

Les abords de l’oued sont cultivés.

Les champs aux abords de l’oued

C’est le temps de la moisson du maïs, les épis aux teintes orangées sèchent au bord de la route ou sur le devant des habitations.

Le maïs sèche devant les maisons

Arrivé à Amougueur, la nuit est proche. C’est le dernier moment pour trouver un endroit où me poser pour la nuit. Je repère un chemin qui traverse l’Oued pour m’établir sur la berge opposée, j’y serai tranquille.

Un villageois me rejoint, Yousef. Il me déconseille de m’installer là, les crues peuvent être importantes en cas de pluie. Il m’invite à me déplacer juste en face de sa maison, il y a là un terrain plat, idéal pour poser Frida. Yousef passe la soirée ici-même sur une butte en face de sa maison avec ses amis. Nous partageons le thé, servi avec le pain, le miel, l’huile d’olive et des noix.

Le lendemain matin, Yousef guettait mon réveil et il m’invite pour le petit déjeuner chez lui. Nous nous rendons dans la salle commune de la maison, le salon. Cette pièce est haute de plafond, le sol est couvert de tapis. On se déchausse avant d’entrer. Cette pièce peut facilement accueillir une trentaine de personnes sur les poufs disposés contre les murs. Son fils vient avec une carafe d’eau qui surmonte une espèce de soucoupe fermée ; c’est pour se laver les mains avant de manger. Nous mangeons avec les mains, pain, omelette, olives, huile et miel.

Yousef me propose ensuite une randonnée dans les montagnes environnantes et nous montons sur les sommets au dessus de la vallée de l’Oued Gheris. La vue sur la vallée est imprenable, le panorama est impressionnant. C’est magnifique.

Randonnée dans les montagnes
Randonnée avec Yousef
Quelle vue sur l’Oued Gheris
Vallée du Gheris
Vallée du Gheris

Des hauteurs, j’ai repéré une piste qui rejoint le hameau de Aït Merrhad dans la vallée adjacente.

Aït Merrhad

De là, un sentier mène vers des sources et traverse les cultures (Aït signifie d’ailleurs source en arabe).

Les sources au dessus de Aït Merrhad

Ici, pas de mécanisation. Les champs ressemblent plutôt à de grands carrés de jardins, bordés d’oliviers et de grenadiers où se cultive le maïs, légumes divers (carottes, tomates,oignons) et la luzerne. Les familles vivent de leurs cultures et de leurs animaux. Chaque famille élève quelques moutons, une à deux vaches, quelques poules et des lapins. Ce sont les femmes qui travaillent aux champs. Elles transportent les récoltes à dos de mulet.

Les cultures

Le soir venu, au retour de ma balade vers les sources, je m’installe à l’auberge du village chez Omar. Le ciel est menaçant, le tonnerre gronde et je préfère dormir en auberge.

Le lendemain matin, j’ai prévu continuer ma route. Je m’arrête chez Yousef pour le remercier pour son accueil avant de partir. Je suis convié pour un thé avant mon départ.

Un thé avant le départ

Je passerai finalement une journée de plus là, car cette fois, c’est Saïd qui m’invite. Saïd parle bien le français, nos échanges sont intéressants et enrichissants. Nous faisons le tour de ses cultures et visitons son frère qui possède la maison familiale ici, mais vit principalement à Ouarzazate . Il m’invite pour le couscous le soir. L’accueil est très chaleureux et j’apprécie particulièrement cette soirée car toute sa famille est réunie autour de la table dans le salon, alors qu’en général, uniquement les hommes sont conviés.

Chez Saïd
Le couscous maison chez Saïd

Je partirai le lendemain.

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