Du 25 au 28 Septembre 2022.
Je prépare le début de l’itinéraire de Oujda à Bjor Balfrissane. Bjor Balfrissane est situé aux abords de la N19 à environ 40 km à l’ouest de Tendrara. Je recherche des possibilités en passant par Sidi Boubker et Aïn Bni Mathar. Cette première partie de l’itinéraire totalise pas moins de trois cents kilomètres.
Je quitte Oujda au début d’après-midi ce dimanche 25 septembre.

Après Ras Asfour, j’emprunte une piste qui part vers l’est. Belle piste qui grimpe en direction de Sidi Boubker, assez technique.

Très mauvaise idée… je croise en route un militaire qui me demande de faire demi tour car je me trouve trop proche de la frontière Algérienne. Zone interdite me dit-il. Demi tour donc pour rejoindre la route goudronnée. Arrive le comité d’accueil, quatre militaires dans leur Land Cruiser qui me bloquent le passage.

Que fait cet espion Suisse dans les parages. Le militaire qui me prend en charge, d’ailleurs fort aimable et sympathique, m’explique que le secteur est sous surveillance vidéo et j’ai déclenché bon nombre d’alarmes… ça palabre et téléphone dans tous les sens. L’homme attend les instructions et pour l’instant, je suis bloqué. Après presque 2 heures, je suis conduit au commissariat de police de Tiouli. Interrogatoire, trois fois, photo, empruntes de tous les doigts et des paumes des mains. La totale. Quand je ressort du commissariat, il est passé 10h du soir et ces chers pandores sont assurés que je ne suis qu’un touriste cheminant sur une piste un peu trop proche de cette fameuse frontière Algérienne.
Je continue donc ma route, mais je ne passerai pas par Sidi Boubker comme je suis à Tiouli déjà plus au Sud. Je retrace un itinéraire pour le lendemain.
Il a plu la nuit et je me retrouve bloqué par le passage d’un oued que je n’ose pas franchir. Demi-tour donc et recherche d’un itinéraire plus comestible.

Je traverse quatre passages à gué sur la route qui me conduit à Aïn Bni Mathar. Le courant et le volume d’eau qui traversent la route sont impressionnants. Frida passe.


Depuis Aïn Bni Mathar, je continue par les pistes à travers ce désert de pierres et de sable. C’est impressionnant de me retrouver au milieu de nulle part pour une bonne centaine de kilomètres dans ces pistes, surtout que je réalise plus de la moitié du trajet à la boussole. Il y a des pistes qui croisent dans tous les sens et je tente de garder le cap sur l’objectif de la journée. Les paysages sont juste magnifiques.




En route, je croise un campement de nomades. Ce sont des Berbères. Pause, ils m’invitent pour le thé. L’accueil est chaleureux. L’homme parle quelques mots de français. Il est fier de me présenter ses femmes et ses 6 enfants.


J’arrive à Bjor Balfrissane au crépuscule. Ce lieu est en fait un campement nomade plus ou moins permanent. Il n’y a rien ici, aucune infrastructure. Je fais encore les 40 kilomètres de route jusqu’à Tendrara, je préfère être en ville ce soir.
Marion m’appelle et m’apprend la mort de Jérémie Magro. Quelle tragédie et quelle tristesse.
Le lendemain, je pars pour Ich. J’emprunte la RN 17 jusqu’à Bouarfa. Le paysage est extraordinaire, c’est une grande plaine aride bordée de montagnes au loin.

De Bouarfa, je trouve une belle piste qui traverse une vallée étroite, variée. Le paysage est juste magnifique, c’est de toute beauté. En chemin, je croise deux postes de contrôle militaire, sans problème cette fois-ci.




Arrivée à Ich, accueil par un militaire qui vérifie mon passeport et m’inscrit dans son registre. Ich fait frontière avec l’Algérie. C’est le village le plus à l’Est du Maroc. Il n’y a aucune infrastructure à Ich. C’est un village où vivent une trentaine de familles, pas de restaurant, ni d’auberge. C’est une oasis avec sa palmeraie et ses cultures. Les maisons sont traditionnelles, la plupart sont construites en torchis. Le passage à Ich vaut bien le détour.



Le lendemain, je continue ma route jusqu’à Figuig. J’emprunte la piste Ich-Figuig.


L’arrivée à Figuig se fait par un large boulevard quatre voies, comme c’est souvent le cas à l’entrée des villes au Maroc. Ces larges boulevards à l’entrée des villes contrastent avec les rues qui sont en terre battue.
