Du 13 au 17 septembre 2022
La région du Nord du Maroc, de Tanger à Saïdia, se nomme le Rif. Les populations sont majoritairement Berbères. Les langues Berbères et Arabes cohabitent. Les zones montagneuses sont rurales. Les paysans vivent de la culture des olives et du chanvre. C’est la région de production de kif.



Les vendeurs de kif jalonnent les bords des routes à l’entrée et à la sortie des villages. Il arrive même que les vendeurs te suivent à bord de vielles Mercédès, te dépassent, se garent sur le bas côté et proposent un arrêt dans l’espoir de te vendre du «chocolat».
Sur les routes du Rif, roulent encore bon nombre de Mercédès des années 70. Le modèle 240D est en vogue et beaucoup arborent encore le macaron D à côté de l’immatriculation marocaine.

La RN16 ou «Rocade Méditerranéenne» sillonne la côte de Tanger à Saïdia, tantôt sur le littoral, tantôt à l’intérieur des terres, selon la topographie du terrain. Je quitte volontiers cette artère principale lorsque je repère une piste ou lorsqu’un village côtier attire mon attention. Il y a souvent de belles surprises au bout du chemin.


Ainsi, peu après El Jebha, je quitte la RN16 pour la piste côtière qui rejoint le hameau de Takamoût. Belle plage de galet. Un pêcheur occupe les lieux. Il parle un peu d’allemand et le hollandais. Il m’explique que beaucoup de marocains de cette région ont émigré en Belgique ou en Hollande. Les Marocains du centre eux, sont allés majoritairement en France. Je croise en effet en ville et sur la RN16 des voitures immatriculées dans ces 2 pays et les conducteurs sont visiblement originaires du Rif.

Je ne m’attarde pas à Takamoût, sa belle plage, de prime abord, est aussi jonchée de nombreux détritus, ce qui casse quelque peu le charme de cet endroit.

La piste qui remonte à l’Est vers la RN16 est tout simplement superbe, étroite et quelques passages requièrent une attention soutenue. Le passage entre les lauriers roses en fleur dans l’oued asséché est tout bonnement magnifique.

La prochaine escapade sera pour le hameau anonyme, en tout cas, je n’ai trouvé aucune dénomination sur la carte. Il y a quelques maisons simples au milieu des plantations de chanvre. Une petite mosquée blanche trône en bord de mer. L’endroit est idéal pour le bivouac. Je passe la nuit bercé par le bruit des vagues et enivré par la forte odeur que dégagent les plans de chanvres.


Très belle piste de Taghzout Beni Gmil à Cala Iris. Cala Iris est un beau village de pêcheur, flanqué d’un port de plaisante moderne. La bourgade est accessible par la RN8.

L’arrivée en surplomb sur Bades par les falaises offre un panorama sur la méditerranée et le Peñon de Vélez dé la Gomera saisissant. Les derniers cent mètres se font à pied pur rejoindre la plage. Je parcours cette jolie piste en sens inverse et reprends la RN 16 à Torres. Le détour valait la peine.



Le Peñon de Vélez dé la Gomera est une presqu’île rocheuse minuscule, chapeautée par un fort. C’est une exclave espagnole, farouchement gardée par l’armée de ce pays. Il est impossible d’y pénétrer. Peu après la ville de Al Hoceima, il y a également trois minuscules îles, également territoires espagnols. L’isla del Mar et l’isla de la Tierra sont désertes, et le Peñon de Alhucemas est comme le précédent, surplombé d’un fort. Ces territoires espagnols en terre Africaine, héritages du passé me surprennent, au même titre que les villes de Ceuta et Melilla. Quels intérêts obscurs ont les espagnols à maintenir ces verrues barricadées en terre Africaines ? Eux qui sont également critiques quand à la présence de Gibraltar sur leur terre.


Vient ensuite Al Hoceima, la ville d’importance de la région. La ville aux façades rouges s’agrippe aux falaises et collines qui bordent la mer. Il y a de magnifiques plages à Al Hoceima. Comme à Tétouan, la ville s’anime dès la fin de la prière de 18h. La place centrale et les cafés environnants sont pris d’assaut.





Je trouve un bel endroit sur la plage de Sfiha toute proche pour passer la nuit. Mauvaise idée, je me fais déloger par la police marocaine à 2h du matin. Les pandores me conduisent sur le parking d’une station service toute proche, le charme de la plage de Sfiha n’y est pas !

Au petit matin, je profite de la station service pour mes contrôles de niveaux et j’offre à Frida une douche bien méritée. Deux employés s’affairent à la savonner consciencieusement, pour la modique somme de 20 dihrams.

2 réponses à “La côte méditerranéenne de Tétouan à Al Hoceima”
Eh oui tu as rencontré aussi les limites du camping sauvage à 2 h du matin !
Quelles cartes as-tu employé pour avoir les détails de petits bleds voire les pistes. As-tu un programme pour les pistes sur ton Tom Tom ou autre navigateur ?
Pour la navigation, j’ai opté pour l’application Osmand qui utilise les cartes Opensources (OpenstreetMap). Je tourne l’application sur tablette Samsung. ça fonctionne bien. Les cartes sont détaillées et je peux ainsi créer mes propres traces.